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Du contrat de travail « UPI » au contrat social « collège » ...
jeudi 16 février 2006, par
Dès la rentrée scolaire cette classe nommée « Unité Pédagogique d’Intégration » s’avère difficile à gérer par l’absence même de projets d’intégration. Les élèves sont bien scolarisés au collège, les fiches de renseignements sont accessibles comme peuvent l’être les informations touchant n’importe quel collégien ordinaire mais… les élèves de l’ U.P.I. ont avant tout un parcours spécifique.
Mon premier travail va donc consister à aller à la pêche aux infos, réunir au plus vite les renseignements qui vont m’aider à construire des projets personnalisés. Premier point positif, malgré des profils ne relevant pas toujours d’une scolarisation U.P.I. le contact avec les familles et avec les éducatrices de différentes associations se passe très bien et cela va beaucoup m’aider. Fin octobre, il ne reste qu’une famille à toucher, inviter, convoquer …
Le profil le plus délicat à traiter sera celui de l’élève ne présentant pas de déficience cognitive comme on pourrait s’y attendre dans cette unité pédagogique d’intégration mais une déficience au niveau de la socialisation, du comportement.
Le groupe classe est ingérable car trois élèves « rebelles » refusent le collectif, refusent tout projet permettant de fédérer le groupe. Et c’est bien dans un esprit fédérateur, un esprit de coopération que je vais chercher à construire des outils permettant une gestion de classe stable qui respecte avant tout chaque élève, chaque profil, chaque besoin. La première démarche a consisté à créer un Conseil de Classe qui devait impérativement se tenir tous les matins. L’idée était de mixer des notions d’entretiens, de « quoi de neuf » (pédagogie Freinet) et de Conseil avec un grand « C » pour bien fixer les habitudes de vie et de travail. La période était favorable puisque se déroulaient au sein du collège les élections de délégués.
Le « Mix » n’avait malheureusement rien de musical et l’adoucissement des moeurs est resté un doux rêve.
Une réflexion pédagogique s’imposait alors. Certains élèves refusaient les règles, celles qui sont fixées par le collège mais également celles établies par le collectif au sein du Conseil.
Ces élèves ne sont pourtant pas que des provocateurs et ils savent s’intégrer en binôme dans un cours de 6ème. La difficulté de la tâche va donc consister à intégrer ces élèves pour les valoriser (ils prennent au sérieux leur statut de collégien) et leur montrer l’importance du travail qui s’effectue en classe, pour chacun d’eux, au niveau des acquisitions fondamentales (français, maths). Cette liaison permanente entre l’intégration dans des classes du collège et la construction d’une classe référente, structure aidante, demeure une priorité pédagogique pour mieux aborder l’avenir de ces élèves, monter avec eux des projets spécifiques (entrées SEGPA, suite UPI, suite IME …).
Un besoin se fait sentir : fixer des contrats de travail. Ces contrats sont importants pour les élèves mais aussi pour le maître et les assistants de vie scolaire. Chaque adulte doit aider à la construction de ces contrats et surtout montrer aux élèves qu’en respectant les décisions prises, il respecte les élèves eux-mêmes.
Chaque jour, en réunion de conseil, je fais part de mes projets, de mon travail, de mes contacts avec les familles, avec les éducatrices et j’invite les assistants de vie scolaire à le faire également (Marion sur 15 heures et Brice sur 6 heures). Cela montre encore une fois l’importance du Conseil journalier et tout ce qui peut s’y rattacher (invitation de personnes extérieures selon les besoins : CPE, principal adjoint, éducatrice, gestion-naire, surveillants … ). Le contrat de travail …
Un contrat de travail sur la semaine va donc s’instaurer. Il comporte huit points importants qui résument, après discussion au Conseil, la vie de la classe et surtout permettent une liaison avec les familles. Et c’est en ce sens que le contrat « devoirs » à la maison tient toute sa place, 3 points lui sont consacrés !
Un codage couleur est apparu : vert, orange, rouge.
Des notes ont ensuite été réclamées : par les élèves « rebelles » principalement … ce qui a son importance dans la prise en considération des différents comportements, le refus de règles peut apparaître comme la reconnaissance d’ un manque, l’acceptation d’un besoin … Un bilan, couleurs et notes, a donc lieu chaque vendredi avant le retour dans les familles.
Mme Bouranja, CPE, est invitée à signer les contrats dans la classe. Les discussions sur les différentes évaluations sont intéressantes car il n’existe pas encore d’auto-évaluation, j’effectue ces bilans chaque jeudi soir et soumet ma vision des choses avec « autorité » le vendredi. Une explication : l’impossibilité actuelle de constituer un Conseil régulier et le non-respect permanent de règles élémentaires permettant un bon fonctionnement de la classe… La signature parentale quant à elle, commence déjà à porter ses fruits tant au niveau d’une reconnaissance collective des contrats qu’au niveau du rôle joué par ces derniers dans le statut de collégien, statut que réclame chaque élève de l’UPI.
Il est à noter que Mr Moreau, CPE, est intéressé par la démarche et veut également participer au bilan hebdomadaire. Cela conforte mon idée de partage dans les actions éducatives et montre encore une fois l’importance du positionnement des adultes à l’égard des élèves. L’adulte s’implique lui aussi dans le contrat malgré sa charge de travail et quelle que soit sa place dans l’équipe.
L’adulte peut montrer aux élèves que tout n’est pas réglé d’avance, que les problèmes existent quotidiennement mais qu’ils sont surmontables dès lors qu’ils sont acceptés comme tels et non plus uniquement subis.
Cela fait également partie du contrat de vouloir supporter les épreuves de manière collective. Le collégien doit accepter sa part de travail au quotidien et les adultes l’accompagnent dans cette tâche.
Ce lien permanent entre le collectif et le particulier mais aussi entre l’enseignement ordinaire et l’enseignement spécialisé m’amène à considérer l’u.p.i comme un outil intéressant pour les élèves orientés dans cette unité, bien entendu, mais également pour les élèves qui sont en souffrance dans les classes de 6ème, en attente d’une prise en charge au sein d’un IME . J’ai déjà noté l’importance de l’intégration de mes élèves dans les cours du collège et il faut absolument accélérer cette démarche pour éviter aux élèves les plus rebelles d’être en permanence dans le rouge à chaque bilan hebdomadaire.
Un projet est en construction avec un professeur de français : l’intégration régulière d’un binôme de l’UPI dans un cours de 6ème. Je m’engage de mon côté, avec mon assistante de vie scolaire, à accueillir une élève en grosse difficulté. Cette démarche sera proposée à d’autres professeurs et cette gestion collective de la prise en charge de besoins particuliers sera encore une fois un bon exemple pour les élèves de ma propre classe qui se construisent une identité de collégien.
Je peux conclure en soulignant un autre aspect positif : les élèves de 6ème qui viendront dans notre classe seront des filles et c’est très important pour Marie et Amélie, les seules filles de l’UPI … C’est d’ailleurs dans ce sens qu’un projet est en cours avec un collègue de SEGPA : inviter dans notre classe 2 jeunes filles de 4ème, des tutrices en maths et en français.
Des invitations sont prévues également pour l’utilisation du matériel informatique, c’est une façon d’éviter la mise en marge d’une classe qui se refermerait sur elle-même avec son matériel dernier cri et c’est un pas supplémentaire vers l’intégration.
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